Qui sommes nous ?

La lutte contre l’isolement et l’ennui.

            Notre association s’est intéressée initialement à l’animation auprès des personnes âgées en Etablissement d’Hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), dans le Département de la Manche, depuis son origine en 2002. Elle est composée de membres bénévoles issus du champ professionnel du médico-social. Ainsi, lorsque nous avons été sollicités pour réfléchir à la création de missions de service civique, nous avons naturellement orienté notre réflexion vers le secteur des personnes âgées, et notamment sur la manière de rompre l’isolement, l’ennui, le repli sur soi, l’affaiblissement du réseau relationnel, la perte de communication, etc…

Ces comportements ne sont pas l’exclusivité liée au vieillissement. Les adolescents sont quant à eux focalisés sur leur écran de téléphone et subissent la contrainte de ce qu’ils imaginent être attendu et adapté : les selfies, les liens et messages sur les réseaux sociaux. Ils s’exposent à la hargne haineuse et anonyme et se mortifient lorsqu’ils sont devenus la cible involontaire.

Cécile OMNES, médecin psychiatre, disait, lors d’un récent colloque à Saint-Lô, le 30 septembre dernier : « Dans notre société contemporaine, tout ce qui est loin est proche, et tout ce qui est proche est loin ! »

Le monde des adultes n’est pas épargné davantage. Une rupture du lien professionnel, d’un lien familial, affectif et c’est un équilibre personnel qui est bouleversé. Si, de plus des comportements addictifs participent au mal-être, le repli sur soi, l’extinction du réseau social s’effondre, dès lors que l’image de soi n’est plus conforme à ce que chacun imagine de ce qui est attendu de lui. Ces exemples ne sont pas exhaustifs de l’expression diverse de la souffrance psychique.

Le deuxième axe de réflexion visait à proposer des missions qui puissent permettre un maillage territorial de sorte qu’une distance moyenne de 20 km sépare les différents lieux d’exercice. Les jeunes volontaires sont en âge d’être titulaire du permis de conduire. Pour autant, ils ne disposent pas nécessairement de cet outil et pas davantage du véhicule pour se rendre sur le lieu d’exercice de la mission. Nous avons observé que certains jeunes se déplacent à pied ou se font véhiculer par leurs parents. Certes, les grandes agglomérations du département concentrent plusieurs EHPAD et bénéficient d’un réseau de transport en commun. Mais nous espérions offrir un maillage de plus grande proximité pour le plus grand nombre, c’est pourquoi nous avons visé également les chefs lieu de canton et nous sommes en voie de répondre à ce critère.

Ayant au préalable défini notre population cible et le critère de couverture territoriale, notre réflexion s’est construite autour de la mission à proposer.

            Cette mission devait correspondre à la fois aux prérequis du service civique. Le contenu doit être précis pour cibler clairement l’action du volontaire et modulable pour s’adapter aux particularités de chaque établissement. C’est ce travail qui nous a amené à œuvrer dans le cadre de l’intermédiation.

L’intermédiation, c’est la conjugaison harmonieuse entre les organismes d’accueil, les volontaires et notre association. Comment cela fonctionne, nous le développerons dans les pages suivantes. Nous sommes fiers du travail accompli, de pouvoir témoigner de notre action et des résultats obtenus depuis 17 mois .

Nous avons ouvert une seconde mission suite aux demandes des établissements d’accueil. Puis, fonction de la qualité du suivi que nous avons mis en œuvre, nous avons été sollicités par le secteur hospitalier pour concevoir avec eux de nouvelles missions afin de proposer d’autres services aux usagers.

De plus, nous travaillons désormais avec les communautés de territoire afin d’y effectuer la même démarche de réflexion constructive en apportant notre support technique et logistique pour la création de nouvelles missions.

Le choix de l’intermédiation

         Notre association est implantée dans le centre Manche à Agon-Coutainville. Notre rayonnement d’action couvrait le centre et une partie du sud Manche.

La rencontre avec le Délégué Département du Service Civique nous a conduit à réfléchir à la construction d’une mission transposable dans différentes structures et pour lesquelles nous serions les initiateurs, les accompagnateurs et les gestionnaires. La montée en puissance de notre dispositif nous consolide dans la justesse de nos choix. 

Travailler dans l’intermédiation impliquait que nous proposions à différents établissements, qui ne percevaient pas l’intérêt du Service Civique, qui appréhendaient la complexité de la démarche de construction de mission et d’agrément, qui redoutaient la charge d’une gestion de ressource humaine supplémentaire, qui ne nous attendaient pas nécessairement :

  • une mission,
  • un soutien technique et administratif,
  • une démarche d’accompagnement pour le recrutement,
  • un suivi adapté pour chaque tuteur et chaque volontaire tout au long de sa mission.

Notre groupe de travail s’est constitué de professionnels du médico-social et chacun s’est investi dans la réflexion sur la construction d’une mission qui reste dans notre domaine de compétence afin d’avoir une légitimité face aux professionnels que nous devions rencontrer.

La nature de la mission

            Nous avons en premier lieu retenu l’ensemble des indications liées à la mise en œuvre d’une mission et notamment :

  • répondre aux besoins de la population et des territoires,
  • être utile aux jeunes et aux organismes d’accueil,
  • constituer une étape d’apprentissage de la citoyenneté et du développement personnel,
  • ne pas se substituer à un emploi, etc…

Nous avons ensuite mis en lien les constats sur l’isolement des personnes âgées accueillies dans les EHPAD :

En tentant de réaliser, de manière très schématique, un découpage horaire de la journée d’une personne âgée en EHPAD, les différents temps rythmant leur quotidien, on a pu identifier entre 8 et 10 heures par jour « sans activités » De plus l’animation est une réalité prise en compte par les établissements mais qui souffre d’un manque de moyens.

Enfin, nous avons relevé le nombre d’EHPAD dans le département. Leur nombre et leur dispersion sur le territoire constituaient une réponse au critère d’éloignement que nous nous étions fixés.

C’est ainsi que s’est construite la mission soutien et accompagnement à l’animation dans les EHPAD. La démarche suivante a consisté à faire valider cette mission sur le plan départemental. Notre agrément pour quatre missions en juin 2015 a été augmenté à douze dès le mois de septembre car nous avons obtenu de nombreuses réponses positives, y compris de structures ayant elles-mêmes fait la démarche d’agrément.

Le fonctionnement de l’intermédiation

         Nous avons obtenu un agrément pour une mission et nous en avons la responsabilité.  Dans l’intermédiation, nous sommes porteur de la mission, mais celle-ci s’effectue dans un établissement partenaire appelé « structure d’accueil ».

Avant de faire paraître la mission sur le site du service civique nous devons trouver une structure d’accueil qui accepte notre proposition de collaboration.

L’étabissement d’accueil doit

  • avoir validé la proposition de mission,
  • avoir accepté notre accompagnement lors des recrutements,
  • avoir autorisé notre écoute et nos interventions lors du suivi des volontaires,
  • avoir validé le principe de notre médiation lorsqu’elle s’avère nécessaire.

En contre-partie, notre association libère la structure d’accueil

  • de la charge de travail pour construire et définir la mission,
  • de la lourdeur (relative ou ressentie comme telle), de la démarche d’agrément,
  • du suivi administratif de la construction du dossier du volontaire, validation de présence,etc …
  • de la recherche d’une structure de formation civique et citoyenne
  • de la recherche d’une structure de formation thématique
  • de la recherche d’une formation PSC1.

L’intermédiation se concrétise par une convention de mise à disposition de la structure d’accueil. Elle est signée par les trois parties en présence au début de la prise fonction du volontaire : La structure d’accueil et son représentant légal, le jeune volontaire, et l’association ATOUT’ÂGE.

L’organisation du suivi des volontaires dans le cadre de l’intermédiation.

  • La parution des missions

Une fois l’accord obtenu de la Direction de la structure d’accueil, notre association se charge de faire paraître la mission sur le site : Service-civique.gouv.fr. Fonction de la rareté des candidatures, nous optons parfois pour une parution des missions sur le site « Leboncoin », par voie de presse, par affichage, ou encore par communication dans des manifestations de type « forum des associations » ou « journée des métiers » de façon à rencontrer des jeunes qui ne vont pas nécessairement sur le site du service Civique. Nous évoquerons ultérieurement les difficultés rencontrées dans le lien avec les partenaires institutionnels sensés informer/orienter les jeunes vers ces missions.

  • La sélection et le recrutement

Nous avons opté pour une démarche de collaboration avec les structures d’accueil. Ainsi nous opérons la collecte des lettres de motivation et de Curriculum vitaë, par le biais du site « Elisa », et nous les transmettons aux responsables. Nous convenons ensuite avec eux d’une date pour les entretiens de sélection, puis nous convions les volontaires.

De ce fait nous rencontrons plus de jeunes susceptibles de satisfaire à la mission que de missions à pourvoir. Cette opportunité a permis de proposer un redéploiement vers une autre mission pour des jeunes qui n’avaient pas été retenus à la mission initiale. La réorientation des jeunes favorise une diminution du délai de pourvoiement. Nous restituons à chaque jeune le ressenti à l’issue de l’entretien. Si le jeune est susceptible d’être retenu pour une mission EHPAD, nous l’invitons à suivre la parution des offres et nous retenons ses coordonnées pour les présenter à un autre établissement dans sa zone de résidence. Si le jeune ne semble pas admissible à une mission EHPAD, nous l’informons et l’orientons vers les autres missions du site du Service Civique.

  • Le suivi du premier mois

Après la prise de fonction et la signature du contrat de Service Civique ainsi que de la convention de mise à disposition, nous convenons avec le tuteur interne à la structure, le cadre de santé et/ou le directeur et le jeune de la date du suivi du premier mois. Cette rencontre a pour objectif de déterminer les conditions dans lesquelles se sont déroulés l’admission et la prise de fonction du jeune. Quelles ont été les actions menées de façon duelles ou autonomes, dans lesquelles le jeune se sent le plus confortable, dans lesquelles, il ou elle ressent le besoin d’être soutenu, etc…

Ce bilan permet d’effectuer quelques réajustements lorsqu’ils sont nécessaires, sur certaines attitudes ou comportements en décalage avec les usages des structures, les relations avec les professionnels, les familles ou les résidents.

En dernière partie d’entretien, l’intention est de proposer au jeune, fonction de son potentiel, d’augmenter son implication dans la mission et d’être force de proposition

  • Le suivi du 4ème mois

Le contenu et les intentions de ce bilan intermédiaire sont en parties identiques à ceux du premier mois, avec la sollicitation du jeune dans l’implication de la construction d’un projet d’action à construire en collaboration avec son tuteur. Le travail sur l’information des cursus professionnels est également évoqué dans le cadre du projet d’avenir.

  • Le bilan final.

Ce bilan correspond à une obligation. Nous fournissons aux tuteurs internes les éléments nécessaires à sa rédaction. Il est élaboré en présence du jeune, du tuteur et/ou du cadre du service. Il s’appuie sur les recommandations du livret du tuteur. Il fait l’objet d’un commentaire global sur l’investissement et le comportement du volontaire. Il sert de point d’appui pour un échange sur le projet d’avenir du jeune. Il est validé par notre signature. Il est ensuite remis au jeune qui peut le joindre à son CV.